Publié le 18 MARS 2024 ⸱ PAR CHEVAL BLANC PATRIMOINE
Franck Fargerelle, directeur du pôle financier de Cheval Blanc Patrimoine, faisaient parti des invités dans l’émission Tout pour investir, présentée par Lorraine Goumot. Il revient sur l’investissement dans l’hydrogène aux travers de véhicules d’investissements spécifiques. Franck Fargerelle nous explique en quoi l’investissement dans l’hydrogène peut représenter un interêt central pour sortir des énergies fossiles.
Une thématique portée par la transition énergétique
Dans un contexte de transition énergétique accélérée, l’hydrogène s’impose progressivement comme une thématique d’investissement incontournable, mais encore largement en construction. C’est tout l’enjeu abordé dans cette séquence diffusée dans Tout pour Investir : comprendre pourquoi cette filière suscite autant d’intérêt… et pourquoi elle doit être abordée avec prudence.
L’hydrogène est avant tout perçu comme une réponse aux limites des énergies renouvelables traditionnelles. Il permet de stocker l’électricité, de décarboner certains secteurs industriels lourds et de repenser des usages énergétiques aujourd’hui dépendants des énergies fossiles. À ce titre, il bénéficie d’un soutien politique massif, en Europe comme aux États-Unis, avec des plans d’investissement qui visent à structurer une véritable filière industrielle. Cette dimension stratégique, à la fois écologique et géopolitique, explique en grande partie l’engouement des investisseurs ces dernières années.
Un marché encore en phase de maturation
Mais derrière ce potentiel, la réalité économique reste plus contrastée. Le marché de l’hydrogène est encore immature, avec des technologies coûteuses et des modèles économiques qui peinent à atteindre la rentabilité. Après une phase d’euphorie boursière autour de 2020, de nombreuses valeurs du secteur ont connu des corrections significatives, illustrant un retour à des niveaux de valorisation plus en phase avec les fondamentaux.
Cette évolution marque une transition importante : celle du passage d’un marché porté par les promesses à un marché où la sélection des acteurs devient déterminante.
Une approche d’investissement à structurer
Dans ce contexte, l’approche d’investissement doit rester mesurée, comme nous l’explique bien Franck Fargerelle dans la séquence. L’exposition à l’hydrogène peut avoir du sens dans une allocation globale tournée vers les grandes mutations énergétiques, mais elle doit s’inscrire dans une logique de diversification et sur un horizon de long terme. Les supports collectifs, comme les fonds spécialisés ou les ETF, apparaissent souvent plus adaptés pour accéder à cette thématique sans s’exposer excessivement aux risques spécifiques de certaines entreprises.
Des risques encore significatifs
Car ces risques existent bel et bien. La dépendance aux aides publiques, les incertitudes technologiques et les délais de déploiement industriel rendent la trajectoire du secteur encore difficile à anticiper. À cela s’ajoute un phénomène classique dans les industries émergentes : une phase de consolidation, au cours de laquelle seuls les acteurs les plus solides parviennent à s’imposer durablement.
Une promesse de long terme à aborder avec discernement
L’hydrogène reste donc une promesse structurante, mais qui demande du temps pour se concrétiser. Pour les investisseurs, l’enjeu n’est pas tant de capter une tendance que de s’y exposer avec méthode, en intégrant pleinement son niveau de maturité actuel et les incertitudes qui l’accompagnent.